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d’intention
CASTIAU
Adolphe, Adelson, Joseph (1804-1879)
CASTIAU
Adelson, Joseph, Adolphe, né en 1804 à Péruwelz, décédé
en 1879 à Paris (France).
Age en 1830 : 26 ans
Libéral. Elu par l'arrondissement de Tournai de 1843
à 1848.
(Extrait de : Solange PHILIPPART, « Adelson Castiau, un bourgeois socialiste au
XIXe siècle (1804-1879) »dans Publications extraordinaires de la société
royale d’histoire et d’archéologie de Tournai, Tournai, 1984, t. 1, pp. 157-176)
« Une existence politique agitée et qui n'a pas été sans adversaires
et sans amertumes ». En ces termes, Adelson Castiau, peu avant sa mort,
jugeait lui-même sa carrière. Une carrière trop courte pour qu'on lui attribue
quelque efficacité, /05/s cependant si fertile en idées dynamiques qu'on peut
voir en Castiau un prophète, ou un précurseur. Telle la semence, répandue,
demeure cachée tout l'hiver; /05/s voilà qu'au printemps le champ reverdit.
1. Un enfant des temps
troublés
Du registre des naissances du bourg de Péruwelz: « Du vingt et unième jour
du mois de prairial de l'an XII, acte de naissance de Adolphe Adelson Joseph
Castiau, fils de Gabriel Joseph, marchand, domicilié en rue de Roucourt, et de
Marie-Thérèse Petit, mariés, ainsi que l'a déclaré ledit Gabriel Castiau,
présent. Premier témoin: Paul Castiau, propriétaire, de Vieux-Condé. Deuxième:
Jacques Morel de Péruwelz, marchand ». Du registre des baptêmes de la
paroisse St-Quentin: « Le 21 prairial, an 12 de
Gabriel Castiau, de Vieux-Condé (1) avait épousé en 1794, Marie-Thérèse
Petit, de Péruwelz, entrant ainsi, à la fois, dans la bourgeoisie péruwelzienne
et les activités des marchands de bas. Ce terme, au XVIIIe siècle, était chargé
d'une signification particulière: c'était le bourgeois qui donnait à tricoter à
domicile et assurait l'écoulement des pièces: bas, bonnets, gants, chaussons,
dans les boutiques locales ou à l'extérieur (2).
A l'époque où Adelson vint au monde, Gabriel Castiau était en train de se
constituer, par bribes et morceaux, avec l'aide de son père et du notaire
Simon, une très belle propriété en bordure du bourg, à front de la chaussée qui
porte en cet endroit le nom de « rue du Pont-à-
C'est là que Gabriel Castiau construisit une des premières usines de
bonneterie à Péruwelz. L'industrie s'annonçait; dès lors, le propriétaire de
l'entreprise devint « fabricant de bas ", puis « maître bonnetier ".
L'enfance d'Adelson s'écoula dans ce beau do/05/ne, une enfance heureuse,
baignée de cette atmosphère de confiance que crée la prospérité de la /05/son,
une enfance entourée de la tendresse presque respectueuse qu'on voue au fils
unique, tant désiré après la venue des deux filles. Une enfance de liberté
presque campagnarde, /05/s voisine du travail, car le do/05/ne bourdonnait du
traitement de la laine: ici, on lave et on fait sécher, là, on file, puis on
teint, et puis on tricote. Et vers l'usine, des gens se hâtaient tous les
matins, les ouvriers du textile, les gagne-petit, adultes et enfants, à qui la
vie n'offre qu'une perspective: la pauvreté. Le jeune Castiau se souviendrait
d'eux, plus tard, car la mémoire de l'enfance fournit un aliment aux pensées de
l'âge mûr. /05/s il garderait aussi ces exigences d'enfants gâtés qui, s'ils ne
sont pas satisfaits sur le champ, cassent, de colère, leur plus beau jouet.
La bourgeoisie de Péruwelz, depuis longtemps divisée par les rivalités
d'affaires, traversait à cette époque une crise aiguë de querelles de clans,
curieusement avivée par la rentrée d'exil des princes de Croÿ. Les groupes
ennemis s'étaient trouvé des têtes en la personne des deux notaires
concurrents: Tondreau, le conservateur, et Simon, le progressiste. Ce dernier
patronnait la plus vivante, la plus jeune bourgeoisie, ses parents ou alliés,
dont Gabriel Castiau. Les conversations familiales retentissaient des principes
libérateurs de
Les frissons de l'Europe, d'ailleurs, ont dû parcourir l'échine de l'enfant
Castiau. En
Puis, à mesure que se précisait la menace des troupes alliées contre
2. Une jeunesse studieuse
Pour la rentrée scolaire de 1816, le collège communal d'Ath venait de
retrouver sa forme: les humanités entières et l'internat (5). Cette vénérable
institution, alors quatre fois centenaire, avait subi les coups de
Un règlement très strict, la grande fermeté des maîtres: de quoi assurer
une éducation virile. L'étude du latin, du grec, de la littérature, de la
religion, avec la connaissance parfaite de
C'est là qu'Adelson Castiau reçut sa première formation classique. Les
vieux bâtiments du collège - à présent remplacés par ceux de l'athénée - durent
paraître moroses à l'adolescent du grand do/05/ne péruwelzien.
A 18 ans, il part pour Gand où, à l'université créée récemment par le
gouvernement hollandais, il suit les cours de Droit. Il retrouve là le souffle
du libéralisme qui lui était familier à Péruwelz.
En 1825, jeune avocat, Adelson se sent des ailes: Paris l'attire.
D'ailleurs, l'atmosphère se fait lourde en Belgique; les libéraux, partisans au
début, de la politique hollandaise manifestent un certain mécontentement
provoqué par l'attitude autoritaire du Roi, le contrôle strict qui pèse sur la
presse, les mesures pour l'emploi du néerlandais dans les actes officiels et
les administrations. La bataille est en vue, pourtant Castiau choisit de n'y
point entrer.
Paris brille alors de tous les feux de la littérature romantique. C'est la
« belle et noble ville » où le jeune homme rêve d'habiter. La fortune de ses
parents l'exempte du souci de gagner sa vie, et lui confère, selon ses propres
termes « l'indépendance dans sa position, bien qu'il la trouve déjà dans son
cœur ».
Il pénètre donc, ébloui, dans cet univers idéal. Au Collège de France, il
suit les cours de philosophie; il s'inscrit à
Dans ces cinq années d'ivresses intellectuelles, Adelson rentra plusieurs
fois chez ses parents. Il suivait de près l'évolution de la politique dans les
Pays-Bas « conservant pour sa patrie le culte du dévouement le plus
absolu ».
3. Un temps de préparation
Adelson Castiau est à Paris en juillet 1830, quand Charles X perd son
trône; il peut observer l'installation d'une monarchie constitutionnelle. Après
la révolution belge de septembre, il rentre à Péruwelz et se présente aux
élections pour le Congrès National. Il est élu suppléant, pour Tournai, et dès
lors se prépare à percer dans le monde politique belge. Il entretient encore
des relations suivies avec la «Conférence du Jeune Barreau de Paris ».
Il observe, médite, discute les idées reçues, remet tout en question; face
aux modèles qu'il possédait, des nouveautés surgissent de cet idéal de liberté
devenu pour lui critère de jugement, ligne de conduite. Éprouvant le désir de
communiquer ses réflexions au public, il écrit deux fascicules.
La première manifestation de cette recherche de liberté se traduit par une
réflexion sur ce qui l'avait contraint lui-même dans ses études: les jurys
d'examens. Où est la certitude? « Nulle puissance au monde n'ayant mission de
prononcer entre l'erreur et la vérité et d'imposer, à qui que ce soit, une
manifestation publique des doctrines philosophiques ou scientifiques, toutes
les mesures préventives, les examens et les diplômes doivent disparaître et la
liberté d'enseignement conduit inévitablement à l'émancipation des professions
intellectuelles» (6). Il reviendra, plus tard, de cette opinion hasardeuse.
Cependant, elle découle de l'idéal de liberté. Selon Castiau, n'importe qui a
le droit de faire n'importe quoi. Il faut laisser à l'opinion publique le soin
de juger: « Émulation et concurrence! Laissez faire l'intérêt privé et
l'activité hu/05/ne! Laissez passer ces intelligences fortes qu'énerve
aujourd'hui l'engourdissement du privilège ». S'il n'a plus foi en une
doctrine, il a gardé confiance en l'homme.
Le second ouvrage traite de la réforme électorale (7). Il ne peut encore
être question de suffrage universel, étant donné le grand nombre d'illettrés.
/05/s c'est là le but qu’il faut atteindre, en ouvrant l'école à tous. En
attendant, il faut remédier à une grave injustice: le droit de vote découlant
uniquement de l'impôt. Il y a là un manque de logique et d'équité: des
analphabètes, incapables de comprendre un programme politique, dépourvus
d'intelligence /05/s fortunés disposent du droit de vote, alors que des gens
instruits, capables de jugement, /05/s pauvres, en sont exclus. Aux élections
de 1836, Castiau est élu au Conseil Provincial; et aussitôt, à
La demeure de Péruwelz a connu des deuils: en 1828, la dame Castiau-Petit
s'en est allée, suivie dans la tombe par sa seconde fille, Adèle. En 1839,
Gabriel Castiau s'est éteint. La famille d'Adelson se réduit à celle de sa sœur
Sophie, épouse de Nicolas Derbaix, de Wasmes-Borinage. La /05/son d'Adelson est
tenue par une domestique seule, Marie-Thérèse , Lombart.
4. Dans l'action
Les cercles libéraux de Tournai comptaient beaucoup sur Castiau et
préparaient sa candidature à
« Le libéralisme est la personnification de toutes les grandes pensées, de
tous les sentiments généreux, de toutes les idées de progrès, des conquêtes du
passé et des espérances de l'avenir. C'est lui qui a réveillé la raison
hu/05/ne de son long sommeil ». Cette personnification, tout abstraite qu'elle
soit, a, selon lui, « introduit le monde dans la terre promise. Elle a même
enfanté les merveilles réunies des sciences, des arts, de l'industrie et du
commerce ".
Castiau est tellement pétri des principes de 1789 qu'il leur attribue les
effets d'une évolution amorcée bien antérieurement. Son style imagé,
emphatique, provoque l'enthousiasme des bourgeois, récemment lettrés. /05/s
lorsqu'il développe le programme qu'il défendra s’il devient parlementaire,
bien des libéraux s'inquiètent. Il faudra modifier la loi électorale pour
étendre le droit de vote, il faudra répartir plus justement l'impôt, réformer
le recrutement au service militaire, organiser l'enseignement pour le rendre
accessible à tous. On ira, selon Castiau, dans le sens de « liberté, égalité,
fraternité». Et surtout vers la république... Ceci épouvante ses amis.
/05/s qu'à cela ne tienne! On est au temps où l'élégance du style, la
multiplication des images érudites, l'éloquence un peu théâtrale provoquent
l'admiration, inspirent la confiance et amènent l'adhésion aux idées.
D'ailleurs on a pris l'habitude de compter sur la distance entre les paroles et
les actes. /05/s cela n'est pas vrai pour Castiau : ce qu'il veut, il le veut
sans délai, sans amendement.
En
5. La carrière agitée
Peu après la rentrée parlementaire, en /11/,
Pour la première fois, depuis qu'il se sentait responsable par son mandat,
notre Castiau était confronté à une situation tragique, interpellé par une
question dont la réponse n'était pas dans les discours académiques. Que pouvait
ici le grand souffle révolutionnaire? Et quelle liberté donnerait à ces hommes
du travail et du pain? Était-il juste de prôner le « laissez faire, laissez
passer», alors que ces gens en mouraient? Le choc de la réalité détermine alors
Castiau; désor/05/s, toute sa passion de combat se concentre sur celui-ci:
tirer l'ouvrier de la misère. La pauvreté, il est vrai, n'avait ja/05/s été
pour lui une abstraction: elle avait les traits de ces gens qu'il connaissait
par leur nom, hommes et femmes des petites /05/sons serrées dans les ruelles
proches du grand do/05/ne paternel, ces ouvriers qui gagnaient à peine de quoi
manger. Pour eux, le pain de seigle coûtait encore trop cher; il leur fallait
beaucoup compter pour acheter un peu de viande le dimanche, du sucre, du café.
Les droits d'entrée sur les denrées alimentaires provoquent la hausse des
prix. Il faut les abaisser, dit Castiau. Il faut supprimer les octrois qui
étouffent le commerce des villes: « Si les charges publiques sont réparties de
telle manière qu'elles retombent de tout leur poids sur les classes
inférieures, pour effleurer à peine le luxe, la richesse et le superflu de
l'opulence, vainement vous croiriez avoir établi un gouvernement démocratique:
vous n'auriez en réalité qu'un gouvernement de privilège, de monopole et
d'aristocratie» (8).
Castiau s'élevait contre les pratiques vexatoires de la douane - nul
n'aurait pu les connaître mieux que lui qui était passé si souvent par le Mont
de Péruwelz pour aller voir les grands-parents à Vieux-Condé. Évoquant des cas
malheureux, il signale qu'il a vu condamner à 4 mois de prison des hommes
arrêtés pour avoir été, en plein jour, chercher dans une brouette, un
hectolitre de charbon en France. « S'ils l'avaient volé, ce charbon, on les
aurait moins punis... » (9).
Toujours il s'oppose à ce qui pourrait compliquer la vie des plus démunis.
Quand il fut question de taxer les tabacs, il protesta: l'ouvrier a déjà si peu
de bien-être! Qu'on lui laisse la petite satisfaction de bourrer sa pipe à la
soirée!
Pour les travailleurs de la sucrerie, dont l'activité ne dure qu'une
saison, Castiau s'élève contre la rapacité des raffineurs qui réduisent
abusivement les salaires. Pour trouver l'argent dont le gouvernement a besoin,
qu'on frappe directement le revenu, prétend Castiau. Lui qui possède une si
grosse fortune qu'il se sent « indépendant », demande une mesure qui rendra les
riches moins riches, parce qu'il juge des choses dans l'intérêt de tous et non
du sien.
Estimant que les parlementaires manquent d'information, il réclame une
enquête sur le paupérisme et l'obtient. En Flandre, la situation se révèle
tragique, et Castiau s'énerve de l'inertie du gouvernement qui « n'a rien fait
pour améliorer le sort des classes pauvres ». Aucun règlement n'existe pour
empêcher le travail des enfants dans les usines;
Castiau le répète à chaque occasion. Quand, en 1845, on invente le fameux
«livret de travail », Castiau s'indigne: «Quand les ministres veulent bien se
rappeler l'existence des classes ouvrières, c'est uniquement pour leur offrir
en perspective des amendes, des condamnations et la honte de la captivité ».
Comme remède à la misère, on n'a trouvé que l'Assistance Publique. Castiau
n'aime pas la pratique de l'aumône qui, dit-il, avilit le pauvre. Il faut
plutôt créer du travail; d'ailleurs, tout est à faire: chemins de fer, voies
navigables, routes, édifices. Qu'on mette sur pied les grands travaux publics
si nécessaires, et, puisque le travail fait défaut dans des activités périmées,
qu'on en invente d'autres. Notre Castiau se montrait là véritable Péruwelzien,
car c'était par l'application de ce principe que Péruwelz remédiait alors à la
crise. Et le voilà même qui préconise les ateliers nationaux, les colonies
agricoles. En cela, l'idée venait tout droit de France...
Il poursuit les privilèges avec une sorte d'animosité, comme s'il en avait
été personnellement victime. Il a pris comme devise ce vers de Virgile «
Parcere subjectis et debellare superbos », ce qu'on peut traduire par: « Pitié
pour les opprimés, guerre aux tyrans »... Il ne peut supporter les têtes couronnées,
ni les propriétaires, rien de ce qui rappelle l'Ancien Régime. Jusqu'au droit
de chasse qu'il conteste dans la discussion d'une loi qu'on élaborait en 1846;
ce projet, disait-il, ne respectait pas les droits des agriculteurs,
l'inviolabilité personnelle ni celle du domicile. Dans un bel élan d'éloquence,
il termina ainsi son discours: «Nous nous rappelons avec bonheur qu'il a suffi
d'une nuit, d'une seule nuit, de la grande, de l'immortelle nuit du 4 août
1789, pour renverser et balayer un immense échafaudage d'abus et de privilèges
bien autrement puissants que les misérables privilèges qu'on veut relever
aujourd'hui, puisqu'ils avaient pour eux la consécration des siècles! ».
Parlant du droit de propriété, il émet l'avis qu'il est, comme tout autre,
soumis à la loi du progrès. L'organisation de l'armée est alors en hostilité
avec le principe de l'égalité. Elle se base sur le tirage au sort et le
remplacement, donc, dit Castiau, «sur une absurdité et sur une iniquité ». Et
de réclamer dès lors le service militaire général et obligatoire. «Pour être
libre, il faut savoir défendre sa liberté, et la payer, cette liberté, par
l'abandon de quelques-unes des jouissances de la vie privée ".
La réforme électorale, dont Castiau rêverait toute sa vie, doit aboutir au
suffrage universel. C'est un idéal à atteindre /05/s encore irréalisable en
1845 parce que les ouvriers, en grand nombre, ne savent ni lire ni écrire.
C'est pourquoi, dit Castiau, il faut ouvrir des écoles; /05/s il faut se hâter,
il faut instruire les enfants et aussi les adultes. Avec son impatience
habituelle, il répète, comme s'il croyait vraiment que le lende/05/n chacun
saurait lire: « L'instruction et le vote! L'école et l'instruction! ".
Avant qu'on en arrive au suffrage universel, il faut réduire le cens
électoral au minimum prévu par
6. Le congrès libéral de
1846
Les idées des politiciens belges avaient suivi des chemins tellement
divergents qu'il était devenu impossible de concilier les programmes dans un
gouvernement d'union nationale. En /03/ 1846, le gouvernement de Theux ne
rassembla que des catholiques. Placé dans l'opposition, le parti libéral trouva
l'énergie nécessaire pour se définir et s'unifier.
Une minorité jeune et dynamique, les amis de Castiau, appelait la méfiance
du plus grand nombre des libéraux où dominaient des bourgeois peu disposés à
céder leurs privilèges, et qui limitaient leur combat à l'affranchissement de
l'individu devant l'Église et l'État.
Chefs de groupes et parlementaires libéraux s'assemblèrent à Bruxelles, le
14 juin 1846, et donnèrent au parti la structure qui lui manquait. Ils ne
purent pas, cependant, faire table rase de leurs divergences, et Castiau le
reconnaît: lui et ses amis n'ont pas été suffisamment entendus. Le programme
n'est pas tel qu'ils le voulaient. L'essentiel, toutefois, est sauvé, et
Castiau le proclame: « Les principes! Voilà tout le secret de notre force et de
nos espérances. Nous représentons les principes qui, depuis 50 ans, remuent la
société européenne et président à ses destinées ». Avec une ardeur toute
rajeunie, il prédit au gouvernement catholique : « Au jour du combat électoral,
toutes les fractions du libéralisme se réuniront pour marcher contre vous et
pour vous vaincre». Et encore, se rappelant les images chères aux poètes
romantiques: « Le flot de l'opinion libérale s'élève et grossit chaque jour; il
monte, il monte toujours dans les villes comme dans les campagnes. Déjà, vous
l'entendez battre en grondant les portes de cette Chambre... » (l0).
Malgré l'entente issue du Congrès de juin, des malentendus subsistaient
entre les deux tendances. Il était vain de demander la prudence à Castiau quand
un projet de loi s'annonçait avantageux pour les riches. Par exemple, quand il
fut question de la vente et du défrichement des terrains communaux, il s'éleva
contre « cette loi agraire renversée qui proposait d'abandonner au plus
offrant, donc au plus riche, la propriété de ces biens ». Il se heurta alors à
la désapprobation de son parti. De même, lorsqu'il fut question de la réforme
électorale, à quelques mois des élections de 1847: « La réforme électorale
devrait précéder la réforme parlementaire et pour obéir à mon devoir, je
n'hésiterais pas à saisir
Le bouillant Castiau avait tout espéré de ce succès; la déception vint très
vite. Le ministre des finances répondait évasivement aux propositions
d'abaisser les taxes sur les denrées alimentaires j il semblait ne pas
comprendre qu'il y eût quelque chose à réformer dans les pratiques de la
douane. Rogier même n'était pas partisan de l'abaissement du cens électoral, et
surtout il redoutait l'embarras que l'intransigeance de Castiau pouvait causer
au parti. Avec hauteur, l'intéressé confirme publiquement cette crainte: « Un
membre de
7. La fièvre républicaine
Pour aller de Bruxelles à Paris, en 1830, on ne pouvait compter que sur des
équipages. Vingt-cinq ans plus tard, on prend le train, et cela change beaucoup
les relations et précipite les événements.
Vers la mi-/02/ 1848, Adelson Castiau manifestait une grande nervosité;
apparemment, le motif en était le refus du gouvernement Rogier d'amender la loi
communale sur le point du choix du bourgmestre - le Roi pouvait toujours le
désigner en dehors du conseil élu -. Cependant, cette nervosité trouvait sa
cause réelle dans le mouvement républicain qui agitait Paris. Louis-Philippe
venait d'interdire les réunions: une mesure qui provoquerait l'émeute. Devant
S'il n'était pas évident, le danger de contagion républicaine pouvait
exister; Rogier sut y parer en obtenant le vote de deux lois très libérales
réclamées par le groupe de Castiau : l'abaissement du cens électoral et
l'exclusion des fonctionnaires de
D'autre part, comme il y avait dans Bruxelles plusieurs noyaux d'étrangers
fauteurs de troubles, on entreprit un grand nettoyage par expulsions, et de
plus, on prit des mesures de défense à la frontière française; ce qui amena
notre Castiau à déclencher, à l'inverse de son intention, une réaction
monarchiste à
C'était le 1er /03/; Castiau demanda au Gouvernement des « explications »
au sujet des mesures prises, abusivement, lui semblait-il, contre les
étrangers, et par méfiance envers la nouvelle République Française. Il affirme:
« Cette révolution sera, l'un des plus grands événements peut-être des temps
modernes. Elle sera appelée inévitablement à faire le tour du monde ». /05/s il
veut rassurer le pays: « Elle fera le tour du monde par des moyens pacifiques,
justes et loyaux ». Le discours a dû impressionner les députés. /05/s
alors, le plus proche ami de Castiau, le député Delfosse, de Liège, trouva les
mots qu'il fallait: « L'honorable M. Castiau a dit que les idées de la révolution
française feraient le tour du monde. Je dirai que, pour faire le tour du monde,
elles n'ont plus besoin de passer par
Pour la première fois, Adelson Castiau n'avait rien trouvé à répondre... Il
s'en alla, tout seul. /05/s chacun savait que les dernières concessions du
gouvernement Rogier n'étaient pas tombées par hasard. Peut-être, ne pouvant en
supporter davantage, notre malheureux député prit-il à ce moment, comme il le
dit plus tard, la résolution de déposer son mandat. Ce n'est pas sûr; tellement
conscient de ce qui restait à changer, il devait bien hésiter entre les ordres
de son orgueil froissé et le cri de ses responsabilités de mandataire.
Tout le mois de /03/, fébrilement, il propose des sujets de discussions qui
lui tiennent à cœur: travail des enfants dans les usines et les mines, travaux
publics, abaissement des tarifs postaux, protection des ouvriers, suppression
des octrois. Tout le mois de /03/ aussi, les nouvelles qu'il recevait de ses
amis français l'emplissaient d'angoisse; contrairement à ses vues, les
républicains préparaient des coups de /05/n pour faire tomber le trône en
Belgique. Frédéric Blervacq et ses amis, dans le cabaret de Ménilmontant,
mettaient au point un programme auquel Lamartine n'était pas étranger, non plus
que le préfet de Lille qui proposait complaisamment des armes... (14). On sait
la suite: la tentative du train bourré d'émeutiers subtilisé à Valenciennes par
des ingénieurs belges, le 25 /03/; puis, le
« Si on avait voulu compromettre, perdre en quelque sorte la cause
républicaine, on n'aurait pas agi autrement» dit Castiau. Lui qui s'élevait
contre toute violence, qui avait tant cru à la force des idées, le voilà trahi,
vaincu par les entreprises stupides d'extrémistes sans aveu. Quelle honte pour
lui, devant
Or, la petite ville, en cette fin de /03/, s'agite singulièrement. Les
bourgeois ont peur (15). On dit qu'après les coups de Quiévrain et de Mouscron,
c'est à Péruwelz que les républicains vont frapper. Beaucoup se souviennent de
Frédéric Blervacq; il y a, sans doute, au moins vingt ans qu'on ne l'a plus vu;
c'était un mauvais garçon; il s'est expatrié; /05/s il connaît la région. Et
puis, Castiau-le-républicain serait-il de mèche?
Convoqué d'urgence le 1er /04/, le conseil communal décide l'organisation
immédiate de la garde civique, et les bourgeois répondent aussitôt à l'appel.
Le bourgmestre a demandé la protection d'un détachement armé; on l'approuve.
C'est une belle unanimité chez ces gens, hier encore, à couteaux tirés. L' «
union sacrée» s'est faite, contre la république.
Quand paraît Adelson Castiau, les portes se ferment, les visages grimacent.
« On n'a pas affaire d'un agitateur par ici ». Agitateur ! C'est le mot
qui brise définitivement la carrière du député, le mot qu'il rappellera plus
tard, comme un reproche, à ceux-là qui ne l'avaient pas compris. Puisque les
siens le repoussent, il s'en ira... tout seul.
Le 4 /04/, Castiau entre une dernière fois à
8. Le temps des déceptions
Trop sensible pour affronter encore le désaveu des siens, Adelson prit la
route de Paris; il avait hâte d'en finir... Peut-être aussi éprouvait-il la
curiosité de connaître la vie en république. A Paris, il verrait à l'oeuvre les
doctrinaires qui l'inspiraient, il assisterait à l'expérience des ateliers
nationaux. Hélas! C'est lui qui écrit:
« Cette république que je considérais comme l'idéal des gouvernements, et
qui avait été, non pas votée, /05/s acclamée trente fois peut-être dans la
séance d'ouverture de l'assemblée nationale le 1er /05/, je l'ai vue, de mes
yeux vue, quinze jours après, traînée dans la boue au sein de cette même
assemblée, puis noyée dans le sang des funèbres batailles de juin.
Ce fut son dernier jour: Finis Republicae. Le lendemain, il n'y avait plus
qu'une dictature, et, pour comble de dérision et de douleur, une dictature
républicaine! Pour moi, c'était tomber des hauteurs du ciel dans les
profondeurs d'une sorte d'enfer politique. Je n'avais ja/05/s cru aux rois;
cette fois, il me fallait cesser de croire aux peuples, obligé de me demander
si le progrès politique n'était qu'un mensonge et si l'humanité n'était pas
condamnée à rouler éternellement dans le même cercle d'erreurs, de crimes, de
folies et de tyrannies. A cet état de marasme moral, se joignaient les
souffrances physiques. Les luttes parlementaires n'avaient que trop altéré ma
santé ; les peines de l'âme et de l'imagination en achevèrent le délabrement,
et déjà, je me voyais, je me sentais mourir » (16). Par bonheur, Adelson
retrouve, dans ses livres, les amis qu'il avait quittés depuis vingt-cinq ans,
et à
La grande demeure des Castiau est restée déserte un moment. /05/s Adelson y
conserve son mobilier et sa résidence. Puis la maison se repeuple: la nièce,
Sophie Derbaix, épouse d'Arthur Duchâteau, de Blaton, vient y résider avec ses
trois enfants et cinq domestiques. En 1860, tout le domaine est vendu à la
congrégation des Dames de Saint-Charles, de Wez. Adelson Castiau a donné
procuration à son notaire de Lille.
_________________
Le
vide laissé dans un parti par l'éclipse d'un homme se comble plus aisément que
le vide creusé dans le cœur de l'homme par l'échec d'un grand idéal. Notre
Castiau s'ennuyait-il? Ou jugeait-il qu'on avait besoin de ses critiques, en
Belgique? Les octrois venaient d'être abolis, /05/s d'une manière qui ne le
contentait pas. En 1860, il reparaît à Bruxelles pour y faire éditer une
brochure traitant de « L'abolition des octrois et la réforme électorale» (17).
On y trouve de sévères reproches à l'égard du gouvernement de Frère-Orban.
On n'avançait pas dans la réforme électorale. Le défaut du système apparaissait
par un simple calcul: deux électeurs seulement pour 100 habitants; c'était
vraiment trop peu. Une réforme de
Peut-être avait-il acquis, avec l'âge et la méditation, un peu de cette
sérénité qui lui manquait dans sa jeunesse.
Dans une sorte d'examen de conscience, il regrettait d'ailleurs ses
emportements: « Si mes adversaires ont pu me pardonner cette violence, je ne
puis trop me la pardonner à moi-même. J'en ai, du reste, été puni le premier.
Ma cause était celle des majorités, de la justice, du droit; si je l'ai si souvent
perdue, c'est que je l'ai mal plaidée. Mes violences effrayaient et éloignaient
de moi; le calme et la modération m'auraient peut-être gagné les intelligences
et les cœurs».
Désirait-il vraiment reprendre place parmi les mandataires politiques, ou
cherchait-il seulement quelque distraction? En
A cette époque, les catholiques belges revoyaient leurs positions devant
les questions sociales, évoluant rapidement vers une certaine démocratie inspirée
du christianisme; et cela aurait justifié l'adhésion de Castiau.
Car ce libéral n'avait rien d'un athée. En somme, il n'avait reproché aux
catholiques que leur conservatisme, et au clergé, de soutenir cette attitude
par des arguments religieux. Souvent, il citait
Elle s'était fondue en lui avec les principes de liberté, et sa parole ne faisait
qu'exprimer cet alliage. Par exemple, s'élevant contre la peine de mort, en
1847 : « Les doctrines chrétiennes sont avant tout des doctrines d'oubli, de
pardon, de pitié, de miséricorde». Et, s'opposant à la loi sur l'expulsion des
étrangers: «Pour nous, et pour tous ceux qui ont au cœur le sentiment chrétien
de la fraternité des hommes et des peuples, l'étranger doit être, sinon un ami,
un frère, du moins, un homme, et l'on doit respecter en lui tous les droits de
l'homme et de la liberté ».
Reviendra-t-il? Restera-t-il? Le bruit que provoquent ces questions amuse
sans doute notre Adelson. Il publie, à Bruxelles, le plus long de ses ouvrages:
« Lettres démocratiques», où il se raconte: sa jeunesse, ses luttes politiques,
ses tentatives républicaines; il ne s'y montre guère indulgent envers la
politique de Frère-Orban qu'il observait de loin et qu'il accuse d'avoir «
trahi la démocratie». La polémique qui s'ensuivit alimenta quelques mois la
presse engagée; puis on n'en parla plus. Trois ans plus tard, dans une dernière
brochure, il reprit les thèses qu'il avait défendues et dont il redoute
l'abandon: suffrage universel, impôt, service militaire obligatoire. Ce qu'il
récla/05/t viendrait un jour; /05/s il ne lui serait pas donné de le voir.
Peut-être était-ce mieux ainsi pour lui, l'idéaliste toujours déçu; car nos
rêves perdent souvent de leur beauté quand ils se réalisent sous nos yeux.
9. Ses « chers concitoyens»
Adelson Castiau n'avait pas longuement vécu dans sa ville natale. S'il y
gardait son domicile, il respirait plus souvent l'air d'ailleurs. Pourtant,
sans cesse, il prêtait attention à ce qui s'y passait. Il y restait attaché,
comme un arbre à ses racines. Péruwelzien, il l'était certes, par ses origines
et aussi son comportement. Par sa mère et ses deux aïeules, il descendait de
ces laborieux artisans-marchands, grands voyageurs, peu lettrés /05/s doués
pour les affaires lucratives; nouveaux bourgeois enrichis à la faveur de la
paix autrichienne, ils étaient entrés sans rien perdre - bien au contraire -
dans le Nouveau Régime, si bien qu'au lieu d'un seigneur Péruwelz, bientôt, en
aurait cent... très fiers de leur fortune et conscients de leur pouvoir. /05/s
de la ligne paternelle, des hommes du Pays Noir, sans doute Adelson tirait-il
cette obstination révoltée qui coule dans les veines des travailleurs du
charbon.
L'attitude de ses cousins et amis, au pire moment de son échec, l'avait
cruellement blessé. Les libéraux péruwelziens, pour leur part, préféraient
ignorer celui qui avait rué dans les rangs et ne semblait pas près de
s'amender... au contraire. Pourtant, en 1864, le Conseil Communal décida de
dénommer « rue Castiau » l'ancienne ruelle récemment élargie, qui longeait le
nouveau pensionnat de Saint-Charles, et cela, d'abord parce que le public la
désignait déjà de cette façon depuis longtemps, et ensuite, pour garder le
souvenir d'une famille qui avait rendu des services à Péruwelz. Adelson prit
l'hommage pour lui et remercia en offrant à l'Assistance Publique une rente
annuelle de cinq cents francs « qui sera consacrée à l'achat de matériaux qu'on
distribuera aux habitants des /05/sons modestes, afin d'assainir les
habitations ».
Quand la menace de guerre se précisa entre
En /03/
L'Association Libérale, pour ne pas perdre le souvenir de ces pages
historiques, pria M. Discailles de lui laisser le texte de sa conférence et le
fit publier chez Delmée, sous le titre: «Adelson Castiau. Sa carrière
parlementaire, ses écrits".
Dimanche 21 /12/1879 : le journal de Péruwelz est encadré de deuil: Adelson
Castiau est mort, le 19. Selon la volonté du défunt, les funérailles seront
célébrées à Péruwelz. La dépouille mortelle sera amenée par le chemin de fer
d'Anzin et portée à l'hôtel de ville où le public est invité à défiler, dès le
matin du
Le bourgmestre, Édouard Simon, rappela dans son discours les étapes de la
vie agitée d'Adelson; il souligna ses grandes qualités d'esprit et de cœur et
lut le préambule du testament: « Au moment d'écrire l'acte de mes dernières
volontés, la préoccupation de la mort me rappelle les fautes de ma vie.
J'éprouve le besoin de me les faire pardonner en me recommandant à l'indulgence
des hommes et à la miséricorde divine à laquelle je crois, comme je crois à
l'âme immortelle, à la justice, au droit, au devoir, à la liberté, à l'égalité,
à la fraternité, à toutes les nobles doctrines enfin qui tendent à développer
la grandeur morale de l'homme ». Puis le bourgmestre ajouta, comme une
réponse à l'humble confession du défunt: « Espérons que Dieu, juste et bon, ne sera
pas moins miséricordieux que les hommes et qu'il recevra dans son sein l'âme de
celui dont la vie entière ne fut qu'une longue et constante préoccupation pour
le bien-être des malheureux de ce monde » (18). Pourtant les libéraux,
cette année-là, n'étaient pas enclins à manifester leur foi en Dieu... Castiau,
mort, était parvenu à faire prier pour lui le premier libéral de Péruwelz.
Du côté de l'Assistance Publique, le deuil se teintait d’or. Le 26
décembre, le Bureau reçut communication du testament: l’Assistance Publique,
légataire universelle d'Adelson Castiau ! Il faut du temps pour évaluer
l'importance de cette fortune: immeubles, rentes hypothécaires, fonds publics
belges et étrangers, autres valeurs de bourses, environ 900.000 francs. C'est
énorme! Il faudra déduire de cela la valeur des legs particuliers dont le
Bureau devra assurer l'exécution; les neveux ont droit à 140.000 francs, la
servante recevra une rente annuelle de 2.000 francs; bref, en fin de compte, il
restera près de 600,000 francs.
Le Journal de Péruwelz du 28 /12/invite les personnes habituellement
secourues, à participer le 31 à une distribution extraordinaire de viande et de
bon pain blanc. Quel beau réveillon dans les chaumières!
Hélas! Adelson Castiau qui avait rencontré dans sa vie tant de
contradictions en trouva encore - si l'on peut dire - après sa mort. Les deux
testaments, 1872 et 1879 - l'un complétant l'autre -, étaient parfaitement
rédigés, incontestables. Seulement, il fallait l'autorisation royale pour
recevoir ce legs. Or, les héritiers naturels, la sœur d'Adelson et ses enfants,
adressèrent une réclamation auprès du ministre de
Au fond, ce qui importe, c'est l'intention. Il avait bien raison, Arthur
Baugnies, de dire, au nom des «Pauvres », le jour des funérailles: « Lorsqu'en
face de l'éternité, il pose son dernier acte, fidèle aux généreux principes qui
ont illuminé sa vie, il lègue un splendide héritage aux déshérités de Sa ville
natale. Plus tard, lorsque le voyageur, surpris, demandera à nos enfants ce
qu'ont fait ces concitoyens dont les noms, pour la plupart, sont inconnus de
l'histoire, on leur répondra: « 'Ceux-là ont bien aimé leurs frères' ».
BIBLIOGRAPHIE : Ernest DISCAILLES, Adelson Castiau. Sa carrière
parlementaire, ses écrits, Péruwelz, Imp. Delmée éd., 1878.
Notes de bas de page
(1) Le grand-père de Gabriel, Paul Castiau, originaire de
Lodelinsart, s'était fixé à Vieux-Condé avec sa famille, comme" directeur
aux mines de charbon de terre". Son père, Joseph, avait épousé
Marie-Josèphe Delporte de Péruwelz, fille d'un" marchand de bas"
comme l'était son épouse, Marie-Thérèse l'etait.
(2) Voir S. PHILIPPART, Péruwelz au fil du temps. t. l,
Péruwelz, 1973, pourl’activité des marchands de bas.
(3) Archives privées des religieuses de Saint-Charles à
Péruwelz.
(4) Archives privées E. Hamoir, Manuscrit de Mme
Isembert-Housez.
(5) Ath, 1416-1852-1977. Athénée royal, Imp. Van
Cromphout, Lessines, 1977.
(6) A, CASTIAU, Suppression des jurys d'examens,
Émancipation des professions libérales, Bruxelles, Hauman, 1836.
(7) A, CASTIAU, De la réforme électorale, Bruxelles,
Hauman, 1836, li4 p.
(8) A. CASTIAU, Qu'est-ce que le libéralisme ?,
Bruxelles, Librairie polytechnique A.Decq,1843. .
(9) Chambre des Représentants, 4 /12/1844.
(10) Chambre des Représentants, 21 /04/ J 846.
(11) Chambre des Représentants, 18 /03/ 1847.
(12) Epigraphe de Abolition des octrois. 1860.
(13) H, PIRENNE, Histoire de Belgique, t. IV, p, 76,
(14) C. BRONNE, Léopold ler et son temps, p. 212.
(15) Archives communales de Péruwelz, Délibérations du
Conseil communal.
(16) A. CASTIAU, Lettres démocratiques, Bruxelles, 1864.
(17) A. CASTIAU, Abolition des octrois, Bruxelles, 1860.
(18) Journal de Péruwelz, 28 /12/1879.
(19) Archives du C.P.A.S. de Péruwelz.
(00)
Vérification de ses pouvoirs comme membre de la chambre (16/11/1843)
(01) Renvoi d’une pétition relative à une demande de secours et à l’extension du droit
de vote aux ouvriers (24/11/1843)
(02) Question politique générale (21/11/1843)
(03) Plans
d’alignement et droit d’expropriation (27/11/1843, 28/11/1843)
(04) Budget du département de la
guerre et organisation de l’armée (4/12/1843)
(05) Equilibre général des recettes et des dépenses et/ou impôts
permettant d’accroître l’équilibre budgétaire, caractère inégalitaire du
système fiscal (notamment, lois somptuaires et/ou impôt sur le revenu) (8/12/1843)
(06) Politique commerciale du gouvernement (vis-à-vis notamment
de la France et du Zollverein) (8/12/1843)
(07) Loi électorale (suffrage
universel) (8/12/1843)
(08) Reprise par l’Etat de l’administration du canal de Mons
à Condé (+répartition du produit des barrières) (11/12/1843)
(09) Impôt sur le sel (20/12/1843)
(10) Budget de la justice (Révision
des codes judiciaires (procédure civile et criminelle, code pénal…), ,
phénomène de la « haine de cense », question sociale (paupérisme,
bureaux de bienfaisance, enfants trouvés, asile d’aliénés et modalités
d’internement), régime des prisons (22/12/1843), organisation des
hospices d’aliénés et conditions d’enfermement (11/01/1844,
(+encouragement aux beaux-arts) 12/01/1844),
régime des prisons (12/01/1844)
(11)
Accroissement des attributions confiées au département de l’intérieur, tendance
à la centralisation administrative et question politique générale (22/01/1844)
(12) Statistiques industrielles et agricoles (23/01/1844)
(13) Soutien
étatique à l’industrie linière et paupérisme dans les Flandres) (24/01/1844)
(14) Service
de la poste (29/02/1844)
(15)
Personnel du corps des mines (1/03/1844)
(16)
Conversion des titres de l’emprunt de 100,800,000 francs (8/03/1844)
et recours à la publicité et la concurrence pour les marchés de la dette
publique (11/03/1844)
(17)
Pensions des fonctionnaires de l’Etat, de leurs veuves et orphelins (20/03/1844)
(18) Mode
définitif de nomination du jury universitaire (30/03/1844)
(19)
Conclusions de la commission d’enquête parlementaire (commission « de
Foere ») et système des droits différentiels. Politique commerciale du
gouvernement (13/05/1844, 21/05/1844),
droits sur les bois (8/06/1844), examen de capacité des marins belges et écoles de
navigation (10/06/1844)
(20) Impôt sur le tabac et équilibre
général des budgets (14/06/1844, 21/06/1844)
(1) Adresse en
réponse au discours du trône (26 /10/
1844)
(2) Fixation de l’ordre des travaux (budget et ordre judiciaire) (26 /10/ 1844)
(3) Domicile de
secours (29 /10/ 1844)
(4) Traitements des membres de l’ordre judiciaire.
(6 /11/ 1844, 7 /11/ 1844, 8 /11/ 1844, 12
/11/ 1844, 14 /11/ 1844, 16 /11/ 1844)
(5) Progressivité
de l’impôt, impôt sur le sel (26 /11/
1844)
(6) Société de
colonisation de Santo-Thomas (Guatemala) (28 /11/ 1844)
(7) Principe de
l’entrée en vigueur des lois (28 /11/
1844)
(8) Prêt de deux
millions en faveur d’une société anversoise (28 /11/ 1844)
(9) Contrôle
financier (28 /11/ 1844)
(10) Situation
des habitants et de l’industrie du sucre dans le rayon de la douane, contrôles
douaniers (4 /12/1844)
(11) Régime des
prisons (7 /12/1844)
(12) Traité de
commerce et de navigation conclu avec le Zollverein (12 /12/1844, 14 /12/1844, 20
/12/1844)
(13) Indépendance
des parlementaires fonctionnaires publics (31 /01/ 1845 )
(14) Pétition des
ouvriers de l’industrie du sucre (1 /02/
1845)
(15) Pétition
relative à l’ophtalmie des miliciens (13 /02/
1845)
(16) Loi sur les
céréales (proposition dite des 21) (18 /02/
1845, 3 /05/ 1845, 6 /05/
1845)
(17) Instruction
publique (19 /02/ 1845)
(18) Pétition
relative à la chasse (12 /03/ 1845)
(19) Usage des
wagons découverts pour le transport de passagers (14 /03/ 1845)
(20) Organisation
de l'armée. Convention de 1831 relative aux forteresses ( 7 /04/ 1845), Discussion générale (11 /04/ 1845), Garde civique (11 /04/ 1845)
(21) Chemins de
fer de Tournay à Jurbise, et de Saint-Trond à Hasselt. Principe des concessions
ferroviaires au regard de l’intervention directe de l’Etat (26 /04/ 1845) ; Pétitions (30 /04/ 1845)
(22) Pétition du
sieur Bergé par suite de son expulsion du royaume (30 /04/ 1845)