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LECLERCQ Mathieu (1796-1889)
LECLERCQ Mathieu, né en 1796 à Herve, décédé en 1889 à Saint-Josse-ten-Noode.
Age en 1830 : 34 ans
Congressiste (1830-1831, Liège)
Sans couleur politique. Elu par l'arrondissement de Liège de 1831 à 1832 et par celui de Bruxelles de 1840 à 1841.
(E. DAUBRESSE, dans Biographie nationale de Belgique, t. XXX , 1958-1959, col. 502-507)
LECLERCQ (Mathieu), jurisconsulte et magistrat éminent comme son père Olivier (1760-1842), naquit à Herve le 30 janvier 1796 et mourut à Bruxelles le 15 mars 1889.
Après avoir fait ses premières études à Herve, il entra au
lycée de Liège, nouvellement organisé, où il poursuivit ses humanités avec le
plus brillant succès. En 1814, il alla suivre les cours de l'École de droit
installée à Bruxelles et en sortit comme avocat en 1817, à l'époque où allaient
être créées les universités de Liège, Louvain et Gand. Inscrit au barreau de
Liège, il se fit rapidement une réputation telle que, dès le 17 mai 1825, il
fut nommé conseiller à
Mathieu Leclercq remplit ces hautes fonctions avec éclat; comme le dit M. Mesdach de ter Kiele, « de tous ses réquisitoires, il n'en est pas un seul qui ne soit un modèle de méditation profonde et de puissante dialectique, en même temps que de rigoureuse exactitude ».
C'est qu'il avait adopté la méthode préconisée par son père, méthode qu'il résumait dans une lettre adressée à celui-ci le 10 juillet 1817 : « Je suivrai à la lettre les conseils que vous me donnez; je me livrerai particulièrement à l'étude du texte de la loi; je donnerai fort peu de temps à celle des commentateurs; je crois que c'est le meilleur moyen de se former l'esprit et de se faire un bon fond de science indestructible et ferme; ceux qui mettent l'étude des auteurs avant celle de la loi n'ont pour ainsi dire qu'une science d'emprunt; ils sont totalement désorientés lorsqu'ils rencontrent un cas extraordinaire et qu'ils doivent agir par eux-mêmes ».
Qu'il ait constamment appliqué cette méthode, M. Charles Faider en témoigne dans la notice rédigée pour l'Académie: « Il recueillait moins les doctrines que les principes, moins les autorités que les textes, moins les applications que l'essence ».
Il fut appelé à prononcer les premiers discours de rentrée, en vertu de la loi du 18 juin 1869. Ses fonctions lui imposaient aussi de répondre à ce qu'on appelle au parquet les « référés », c'est-à-dire aux questions posées par le Ministre de la justice; dans les premiers temps, ces consultations étaient nombreuses et portaient sur des objets aussi divers que délicats. Notamment, il rédigea un avis sur le meilleur système pour régler les effets des secondes cassations prononcées par les chambres réunies; le texte qu'il proposa est devenu la loi du 7 juillet 1865, qui a remplacé les articles 23 à 25 de la loi du 4 août 1832, judiciaire.
On croirait qu'une aussi brillante carrière de magistrat,
exercée avec tant de zèle, suffit à remplir une vie humaine; tel ne fut pas le
cas pour Mathieu Leclercq. Il était membre du conseil de régence de la ville de
Liège lorsque survint la révolution; il se rallia au Gouvernement provisoire et
fut, le 5 novembre 1830, élu membre du Congrès National, où il fit partie de la
section centrale chargée de rédiger un projet de constitution; il ne se sépara
de la majorité. qu'en s'opposant à la création du Sénat. Le 31 mars 1831, il
donna sa démission pour le motif qu'à son avis, le mandat de l'assemblée se
limitait à la publication de la loi constitutionnelle et de la loi électorale,
ainsi qu'à l'élection du Régent. De nouveau élu le 30 août 1831, cette fois
comme membre de
Lorsque, le 18 avril 1840, se forma un ministère libéral homogène, il détenait le portefeuille de la justice; ce ministère tomba le 13 avril 1841, à la suite d'une adresse au Roi votée par le Sénat qui entendait obtenir le rétablissement d'un ministère d'union. M. Rogier, après avoir constitué un autre cabinet libéral, le 12 août 1841, proposa Mathieu Leclercq en qualité de ministre plénipotentiaire à Rome auprès du Vatican; cette proposition ne fut pas agréée par le saint-Père.
Ce grave incident provoqua une émotion considérable; bien que le Saint-Siège fût ultérieurement revenu sur la position d'abord prise à l'égard de Mathieu Leclercq, celui-ci refusa d'accepter le poste diplomatique qui lui était offert et maintint ce refus malgré de vives instances. Dans la suite, quoique sollicité à diverses reprises, même par le roi Léopold 1er, qui eut souvent recours à ses conseils, il n'accepta plus de portefeuille ministériel.
Entré à l'Académie en 1847, Mathieu Leclercq présenta, les
11 octobre 1852 et 9 février 1857, à
A diverses reprises, Mathieu Leclercq présida
Toutes ces présidences lui ont permis de déployer les qualités de précision, de fermeté et de méthode qui, jointes une étude approfondie des questions discutées, en ont fait un président modèle.
Une affection de la vue, qui aboutit en 1882 à une cécité complète, l'obligea à partir de la fin de l'année 1879 à renoncer successivement à toutes ces activités. Ainsi prirent fin des services rendus au pays pendant près d'un demi-siècle, dans les plus hautes sphères de la magistrature et du gouvernement.
L'apothéose de cette carrière se situe à l'époque du cinquantième anniversaire de l'indépendance. A cette occasion, Mathieu Leclercq prononça deux discours mémorables: « La vie et l'œuvre du Congrès National », en séance publique tenue par l'Académie le 7 mai 1879, « L'allocution des survivants du Congrès aux Chambres », devant les Chambres législatives et leurs anciens membres réunis en assemblée générale le 16 août 1880 (…)
E. Daubresse.»
(00) Vérification de ses
pouvoirs comme membre du Congrès (10/11/1830) et
démission (31/03/1831)
(01) Forme du gouvernement de
(02) Question
du sénat (15/12/1830)
(01) Indépendance des députés fonctionnaires et non-démission des ministres de leur fonction antérieure de gouverneur de province, affaire Vandersmissen (25/04/1840)
(02) Grandes naturalisations (01/05/1840)
(03) Compétence en matière civile. Demande d’ajournement (01/05/1840),
(04)
Amnistie politique en rapport avec le traité des 24 articles (et notamment réintégration
du général Vandersmissen) (04/05/1840)
(05)
Compétence des juges de paix et/ou des tribunaux de première instance,
procédure d’appel (05/05/1840, 06/05/1840, (compétence des tribunaux de commerce) 11/05/1840)
(06) Droits de succession (07/05/1840)
(07) Pénitentiaire pour les jeunes délinquants à Saint-Hubert (08/05/1840)
(08) Séquestre sur les biens de la société générale (traité des 24 articles) (05/06/1840)
(09) Loi d’emprunt. Recours à la publicité et à la concurrence (09/06/1840)
(01)
Commission de vérification des pouvoirs (11/11/1840)
(02) Question politique générale, question des partis, indépendance des fonctionnaires (notamment lors des élections)… (07/12/1840, 22/01/1841, 26/02/1841, 27/02/1841)
(03)
Equilibre général entre l’ensemble des recettes et des dépenses de l’Etat (07/12/1840, 14/01/1841)
(04) Crédit supplémentaire au budget de la justice pour frais d’entretien des détenus (14/12/1840, 15/12/1840)
(05)
Discussion du budget de la justice (hors financement des cultes). Bureau des
hypothèques de Verviers (16/12/1840), traitement des agents de
l’administration centrale de la justice, recueils statistiques, palais de
justice (notamment celui de Bruxelles), Moniteur (18/12/1840), motion d’ordre, palais de
justice de Bruxelles (19/12/1840), tours pour enfants
abandonnés, notamment philanthropie moderne » et rôle de la religion dans
le régime des prisons, concurrence faite par les produits des prisons avec ceux
de l’industrie linière, conditions de détention état des prisons de Liége et de
Verviers, sûreté publique (22/12/1840)
(06) Subside pour le petit
séminaire de Saint-Trond (et loi des indemnités) et pour les édifices religieux (19/12/1840)
(07) Loi relative aux pensions. Retenues (notamment sur les traitement des ecclésiastiques) au profit du trésor et équilibre entre ces recettes et les dépenses de pensions (26/01/1841), proposition d’ajournement (28/01/1841), financement, calcul du taux de la pension, octroi d’une pension par suite de blessures subies pendant le service (05/02/1841), pensions des ministres du culte catholique, pensions des ministres des cultes et des fonctionnaires ayant cessé leurs fonctions avant la promulgation de la constitution (06/02/1841), pension des ministres du culte catholique (09/02/1841), pensions des veuves et orphelins en cas de condamnation (13/02/1841), pensions des ministres du culte (16/02/1841)
(08) Place de l’éducation (morale et religieuse) dans l’enseignement (16/02/1841)
(09) Officiers étrangers dans l’armée (27/02/1841)
(10) Droit de transcription des actes emportant mutation d’immeubles, loi hypothécaire (05/03/1841)
(11) Ventes à l’encan, lutte contre le colportage (11/03/1841)
(12) Interprétation de l’article 139 du code pénal (falsification des billets de la société générale, peine de mort) (26/03/1841)