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TAINTENIER Charles
(1770-1839)
TAINTENIER Charles, Philippe, Bonfils, né en 1770 à Mons, décédé en 1839 à Bruxelles
Libéral. Elu par l’arrondissement de Mons en 1832.
Interventions sessions :
DONNEES
BIOGRAPHIQUES
(Extrait de : P. VERHAEGEN, dans Biographie nationale de Belgique, t. XXIV, 1926-1929, col. 490-491)
TAINTENIER (Charles-Philippe Bonfils), jurisconsulte, homme
politique, magistrat, né à Mons, le27 août 1770, mort à Bruxelles, le 10 août
1839. Il était fils de Jacques-Augustin Taintenier, échevin de Mons, anobli par
Marie-Thérèse, et descendait par sa mère du célèbre peintre Teniers. Licencié
en droit le 2 septembre 1796, il se fixa d'abord à Ath, chez un oncle, et il y
fut élu aux élections de germinal an V (avril 1797), président de
l'administration municipale. Cette élection fut cassée avec beaucoup d'autres à
la suite du coup d'Etat du 18 fructidor (4 septembre 1797), qui rendit le
pouvoir à l'opinion avancée. Reprenant la profession d'avocat, Taintenier
devint secrétaire de la sous-préfecture de Charleroi en 1800. Elu candidat au
corps législatif par le département de Jemappes en 1804, il s'établit comme
avocat à Mons, où il allait séjourner pendant près de trente ans.
Tout en pratiquant sa
profession avec succès, il accepta des fonctions qui le mirent en évidence sans
compromettre son indépendance. Le 15 nivôse an XIII, il était nommé avoué, et
le 24 juin 1808, juge suppléant au tribunal. En 1812, il devenait membre de la
Commission des hospices. Le gouvernement impérial tenta de le faire entrer dans
la magistrature effective lors de la réorganisation de 1811, en l'appelant
spontanément aux fonctions de substitut du procureur général près la cour
d'appel (30 avril 1811), mais il déclina cet honneur qu'il n'avait pas
sollicité.
Sous le règne du roi
Guillaume Ier, Taintenier devint secrétaire de la chambre de commerce et des
fabriques de sa ville natale (4 juin 1817), juge suppléant au tribunal (20 juin
1817), membre du conseil de régence (1822), et enfin juge au tribunal (18 août
1827).
Dans l'entretemps, la
confiance de ses concitoyens lui conféra le mandat de membre de la seconde
chambre des Etats Généraux. Il fut élu par les Etats Provinciaux le 9 juillet
1824, puis le 10 juillet 1829 et le 10 juillet 1830.
Les discours qu'il prononça
en cette qualité concernèrent spécialement les projets de Code civil et de Code
de commerce soumis aux Etats Généraux par le gouvernement en 1825 et en 1826.
Il appuya la réforme du système hypothécaire en montrant qu'il s'inspirait
sagement des anciennes coutumes du pays, mais il combattit le projet de loi sur
les lettres de change. En 1830, il s'éleva vivement contre les mesures
proposées au sujet de la presse, et consacrées par la loi du 1er juin 1830. Il
critiqua tout particulièrement l'article 5, qui punissait toute attaque
méchante et publique contre la force obligatoire des lois, et l'article 6 qui
supprimait la condition d'une plainte préalable de la part des fonctionnaires
attaqués par les journaux. Son discours, prononcé le 18 mai 1830, fut publié à
Bruxelles.
Maintenu dans ses fonctions
de juge par le gouvernement provisoire issu de la révolution de 1830 (7 octobre
1830), Taintenier fut élu membre suppléant du Congrès national, le 5 novembre
suivant. Le 5 avril 1832, le district de Mons le nomma membre de la Chambre des
représentants. Le gouvernement, qui organisait la cour de cassation sur les
bases fixées par la Constitution, y appela Taintenier par son arrêté du 4
octobre 1832.
Sa fille aînée épousa Renier
Châlon, numismate, archéologue et bibliophile bien connu.
P. Verhaegen.