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d’intention
DE LAMINNE Louis (1789-1858)
DE LAMINNE Louis, François, Joseph, né en 1789 à Liège, décédé en 1858 à Liège.
Age en 1830 : 41
ans.
Catholique. Elu par
l'arrondissement de Liège de 1833 à 1835
(Extrait
de CAULIER-MATHY, dans Nouvelle biographie nationale, t. VII, 2003, pp.
110-113)
DE LAMINNE, Louis, François,
Joseph, chevalier, industriel et homme politique, né à Liège le 22 avril 1789,
y décédé le 22 septembre 1858.
Louis de Laminne appartenait à une famille de grands commis de l'Etat qui
venait d'être anoblie lorsque survint
Rompant avec la tradition, Louis de Laminne ne va rechercher aucune
fonction publique ou politique. Il s'occupera activement et personnellement de
la gestion de sa fortune. En quarante ans, il ne passa pas moins que trois cent
cinq actes d'achat. Il agrandissait ainsi son domaine foncier déjà fort étendu
puisque dès 1830 il fit partie du «club» des vingt-cinq contribuables les plus
imposés de la province. Sa fortune était alors «engagée [à la fois] dans une
fabrique, des exploitations, des propriétés agraires ». Il s'assurait ainsi
des revenus stables tout en laissant une place à l'industrie qui lui apportait
l'espoir « de découvertes heureuses ».
Il se différenciait de la noblesse hesbignonne qui se déchargeait des
soucis matériels en confiant la gestion des biens à un notaire rural. Louis de
Laminne se fit seulement aider par un employé installé à son domicile. Il fut
secondé efficacement par Lambertine de Bex. Celle-ci suivait de très près le
mouvement des affaires et n'hésitait pas à remplacer son mari sur le site de
l'usine lorsque celui-ci en était empêché. Elle rejoint ainsi le groupe très
fermé des femmes chefs d'entreprise qui, après avoir secondé leur conjoint, lui
succèdent une fois veuves. Louis de Laminne adopta également une position
originale en ce qui concernait l'instruction des jeunes enfants qui fut confiée
à des institutions scolaires et non à un précepteur. Ses fils et son pupille
seront élèves de l'Ecole des Mines de l'Université de Liège en même temps qu'un
autre fils d'industriel liégeois, Frédéric Braconier.
Louis de Laminne débuta sa carrière d'entrepreneur à vingt et un ans en
succédant à son tuteur qui avait participé au développement de l'industrie de
l'alun, l'un des pôles de croissance de l'économie liégeoise du XVIIIe siècle.
Il devint seul propriétaire de l'alunière de Saint-Nicolas à Ampsin évaluée à
37.000 francs en
Comme la plupart des industriels contemporains, de Laminne voyait dans la
concentration verticale la solution à ses problèmes d'approvisionnement. Il
entendait produire lui-même le combustible nécessaire au grillage de l'alun et
demanda en conséquence la concession des gisements de houille qui se trouvaient
sous ses propriétés d'Ampsin. Il en obtiendra une partie. Mais cette volonté
d'intégration concernait également le traitement des minerais de calamine.
Ceux-ci avaient été découverts à proximité de ses propriétés par des tiers. Les
recherches qu'il fit effectuer à son tour révélèrent la présence de minerais
sous ses terres. Mais ses concurrents vont s’organiser, soudoyer de hauts
fonctionnaires et acheter de puissants appuis à la cour de Guillaume d’Orange
pour soutenir leur demande en concession. Fort de ce qu’il considérait comme
son droit, Louis de Laminne n’envisagea même pas de chercher à corrompre qui
que ce soit. Il se fondait essentiellement sur le fait qu’il était propriétaire
du sol pour prétendre à l’obtention du gisement. La concession fut accordée
quatre ans à peine après la découverte du minerai, mais ce fut l’association
qui sera à la base de
Cette indignation qui éclatait à tout moment sous le plume de Louis de
Laminne fut partagée par d’autres industriels, François Philippe de Haussy, qui
représentait l’industrie hennuyère au sénat, stigmatisa le procédé en usage
sous le régime hollandais, qu’il engloba pudiquement sous le terme de fraude.
Ce trafic d’influences au niveau des plus hauts rouages de l’Etat laissa
d’amers souvenirs. Un quart de siècle après les faits, le libéral Constant
d’Hoffschmidt accusait encore « la convoitise industrielle protégée
sous Guillaume par la partialité intéressée de maints personnages. »
Evincé, privé de ce qu’il considérait comme son bien, outré par la
politique de Guillaume d’Orange, qui s’était attribué « le droit d’élever
(nos) enfants, de les protestantiser, de nous hollandiser », Louis de
Laminne faisait un candidat très acceptable pour défendre les intérêts liégeois
au niveau national. Suppléant au Congrès national, il n’eut pas l’occasion de
participer aux travaux de cette assemblée et se borna à faire partie du premier
Conseil de régence de Liége dans
Louis de Laminne est en effet très dévot. On a pu le voir assister à
l’office de cinq heures et demie du matin à Sainte-Gudule, en dehors de toute
obligation religieuse. Aussi s’incline-t-il sans réticence devant es exigences
de l’encyclique Mirari Vos qui
condamne les libertés de conscience, d’opinion et de presse. Cette appartenance
justifie sa volonté d'adapter les exigences de l'Eglise catholique à la logique
industrielle. Il ne veut pas mettre ses ouvriers dans l'impossibilité
d'accomplir leur devoir dominical, mais n'entend pas arrêter l'activité de
l'usine qui exige la présence constante de maind'œuvre. Aussi, lors de la
construction de l'usine de Bende en 1842, envisage-t-il « d'arranger une petite
chapelle, un autel à deux battants en un local décent de l'usine. Il suffirait
d'un très petit espace choisi de façon que les ouvriers puissent entendre la
messe de l'intérieur de l'usine ». A une époque où les offices religieux se
célébraient exclusivement le dimanche matin, cette solution était la seule qui
pouvait satisfaire l'Eglise catholique sans nuire à l'industrie.
Déchargé de sa mission parlementaire, de Laminne va s'investir dans la
gestion de ses affaires. Son bref passage à
Ces demi-succès furent ressentis par de Laminne comme des demi-échecs. Mais
il eut à surmonter d'autres épreuves matérielles et morales. Dépossédé de ses
gisements de minerais, il fut aussi exproprié de son domicile urbain. La ville
de Liège avait décidé l'ouverture de nouvelles rues, percées à travers le
tissu urbain au maillage particulièrement serré du quartier de l'Isle. Elles se
recoupaient perpendiculairement pour relier le futur boulevard périphérique à
A son décès, il laissait une fortune évaluée à 1.300.000 francs, composée
de biens industriels, d'une vaste propriété sur Rotheux où il avait avec
patience et persévérance étendu le domaine foncier dont Lambertine de Bex avait
hérité. Fidèle à sa ville, il y occupait deux immeubles, l'un situé au centre
de Liège et l'autre sur la colline de Cointe, sa résidence d'été.
La pugnacité dont il fit preuve, tant dans ses requêtes que dans les
opuscules destinés à un plus large public, le rattache à l'Ancien Régime.
Jamais il ne se consola de la perte des avantages, dont il avait été dépouillé
par la législation sur les mines et minières votée par les Français et
appliquée par les Hollandais. Les dispositions de la loi du 2 mai 1837 ne
furent à ses yeux que des améliorations lénifiantes. Il est bien de son temps
dans sa manière de conserver sa correspondance et tenir un journal intime,
reflet d'une nature à la fois inquiète et audacieuse. Il représente la nouvelle
génération d'entrepreneurs par sa manière de gérer sa fortune, par son
inlassable activité, par la confiance qu'il place dans la compétence des
premiers ingénieurs diplômés de l'Université et aussi par le choix qu'il fit de
tenter seul sa chance dans le secteur de pointe qu'était alors l'industrie de
zinc en Wallonie.
Nicole Caulier-Mathy.
(00) Vérification de ses pouvoirs comme membre de la
chambre (8/06/1833)
Aucune intervention.
(01) Chemin de fer (18/03/1834, 21/03/1834)
INTERVENTIONS
AU COURS DE
Aucune intervention.